Hôpital BMP : le personnel dénonce la fermeture d’un bloc opératoire
De nombreux médecins de l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville dénoncent les conséquences du manque d’inhalothérapeutes, une situation qui a forcé la fermeture de l’une des trois salles du bloc opératoire. Cette mesure, en vigueur depuis le début du mois de mai, affecte toutes les équipes médicales, et ce sont les patients qui en paient le prix, affirme le Dr Étienne Leclerc, chef du département d’orthopédie à Cowansville. Selon lui, la perte d’un tiers de la capacité opératoire entraîne l’annulation d’environ cinq chirurgies électives par jour. La prise en charge des urgences en soirée est également fortement compromise. Ces patients-là sont rendus à être opérés parce qu’il n’y a plus rien qui fonctionne pour eux. La solution qu’il reste, c’est l'opération. On peut la faire cette chirurgie-là, on n’a juste pas le plateau technique pour leur offrir. Dr Étienne Leclerc, orthopédiste, à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau La Dre Anne-Patricia Prévost, présidente de l’Association des médecins omnipraticiens de Yamaska, souligne que tous les services, que ce soit l’urgence, les soins intensifs, l’obstétrique ou les soins à domicile, sont touchés par cette pénurie. On est le seul établissement où il y a une salle d’opération de moins. Dre Anne-Patricia Prévost à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau Elle demande au CIUSSS de l’Estrie - CHUS et à Santé Québec de prendre sans délai des mesures pour corriger la situation. Permettre une exception pour que des inhalothérapeutes provenant d’agences de placement puissent venir prêter main forte doit faire partie de la solution, affirme-t-elle. Même si des postes seront comblés à l’automne, ce sera selon elle insuffisant pour répondre aux besoins, parce que des départs sont également prévus. Les médecins en poste déplorent aussi une iniquité avec d’autres hôpitaux de la région. Ils craignent qu’avec des bris de services qui ne cessent de croître, le recrutement de personnel soignant compétent soit de plus en plus difficile. L’établissement explique avoir devancé la modulation des services en période estivale, qui commence habituellement le 15 juin, en raison du manque de personnel et plus spécifiquement des inhalothérapeutes. La diminution des services a commencé le 5 mai. Le CIUSSS espère pouvoir rouvrir la troisième salle d’ici la mi-septembre. Beaucoup d’efforts sont déployés pour recruter des inhalothérapeutes, mais les enjeux sont les mêmes à l’échelle provinciale, selon l’établissement. Un des motifs qui nous a mené à ça, c’est justement le choix de prendre soin de nos équipes d’inhalothérapeutes.On a un manque d’effectif d’environ 40 %. Ça entraîne une coupure de salle d’opération au moins jusqu'à la fin de l’été, mais on n’est pas certain si ça va se prolonger davantage
, s’inquiète Dr Leclerc.Les patients qui se feraient opérer normalement de soir et de fin de semaine vont devoir à leur tour être opérés sur les plages de jour et vont devoir repousser d’autres chirurgies électives
, dénonce-t-il.
Un chirurgien qui n’opère pas, il veut peut-être aller opérer ailleurs. Si on perd d'autres joueurs parce qu’on manque d’effectif pour effectuer notre travail, ça peut avoir des répercussions beaucoup plus grandes
, déplore-t-elle.
Il y a une période qui est difficile. Il faut accueillir les nouveaux pour qu’ils soient prêts pour la reprise des activités
, a déclaré la directrice des services multidisciplinaires de santé et de services sociaux, Sylvie Martel.
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